Ce que le Coran, la Sunna et les savants disent sur la bénédiction divine
Barak Allahu fik. Allahouma barik.
On l'entend tout le temps. On le dit tout le temps. Mais si on s'arrête une seconde : qu'est-ce que la barakah vraiment ? Est-ce une chance ? Un hasard heureux ? Une formule qu'on prononce par habitude ?
La barakah mérite mieux que ça. C'est un concept coranique, profondément ancré dans les textes, que les savants ont défini avec précision. Et comprendre ce qu'elle est vraiment change la façon dont on la cherche.
Ce que la barakah signifie vraiment
Le mot barakah vient de la racine arabe b-r-k, qui signifie s'accroupir, comme le chameau qui s'immobilise et reste en place. Par extension, la barakah désigne ce qui demeure, ce qui persiste, ce qui croît.
Al-Qurtubi la définit comme « l'abondance du bien ». Ar-Raghib Al-Asfahani ajoute une nuance essentielle : « la permanence, dans une chose donnée, du bien conféré par Allah. » (Mufradat, B-R-K)
La barakah n'est pas un moment de chance. C'est une abondance qui dure. Un bien qui croît. Une bénédiction qui se maintient dans le temps.
Et dans le Coran, le verbe tabâraka est utilisé uniquement pour Allah. C'est Lui seul qui est la source de toute barakah. Elle ne vient que de Lui, et ne peut être attirée qu'en se rapprochant de Lui.
La barakah dans le Coran
Allah dit dans la Sourate Al-A'raf (7:96) :
« Si les habitants des cités avaient cru et avaient été pieux, Nous leur aurions ouvert les bénédictions du ciel et de la terre. »
(Sourate Al-A'raf, 7:96)
Ce verset établit un lien direct entre la foi, la piété et l'abondance des bénédictions. La barakah ne tombe pas au hasard. Elle est liée à un état intérieur.
Allah dit également dans la Sourate Ibrahim (14:7) :
« Si vous êtes reconnaissants, très certainement J'augmenterai Mes bienfaits pour vous. »
(Sourate Ibrahim, 14:7)
La gratitude est une porte vers la barakah. Non pas parce que nous méritons davantage, mais parce qu'Allah a promis d'augmenter ce qu'Il donne à celui qui Le remercie.
Où se trouve la barakah ?
La barakah ne se limite pas à l'argent ou au succès matériel. Les savants expliquent qu'elle se manifeste dans tout ce qu'Allah touche de Sa bénédiction.
La barakah dans le temps
Le Prophète ﷺ a dit : « Allah a mis de la barakah dans les premières heures de la journée pour ma Oumma. » (At-Tirmidhi). Se lever tôt, accomplir le Fajr, rester éveillé jusqu'au lever du soleil. Les gens qui pratiquent cela témoignent d'une chose : ils accomplissent en quelques heures ce que d'autres n'accomplissent pas en une journée.
La barakah dans la nourriture
Il a également dit : « Mangez ensemble, car les rassemblements sont bénis. » (Bukhari, n°781). Une petite quantité partagée en famille, avec le Bismillah, peut rassasier plus que ce que le calcul laisse penser. C'est la barakah dans l'assiette.
La barakah dans l'argent et le commerce
'Urwa Al-Bariq'i reçut un dinar du Prophète pour acheter une brebis. Il en acheta deux, en vendit une, et revint avec une brebis et un dinar. Le Prophète invoqua Allah pour lui. Depuis ce jour, tout ce que 'Urwa vendait, même la terre, était béni. (Bukhari, n°3642)
La barakah dans les liens familiaux
Il a dit : « Celui qui souhaite que sa subsistance soit élargie et que sa vie soit prolongée, qu'il maintienne les liens de parenté. » (Bukhari et Muslim). Entretenir sa famille, être présent, maintenir les liens. Ce sont des portes vers la barakah que beaucoup négligent.
Ce qui éloigne la barakah
Les savants ont été tout aussi précis sur ce qui éloigne la barakah. Ce ne sont pas des péchés abstraits. Ce sont des attitudes concrètes que beaucoup ont dans leur quotidien.
- Le mensonge dans les transactions. La tromperie dans le commerce efface la barakah. (Bukhari et Muslim)
- L'ingratitude. Celui qui n'est pas reconnaissant pour ce qu'il a voit sa barakah réduite. Le Coran est explicite là-dessus.
- La rupture des liens familiaux. Elle ferme directement la porte à l'abondance de la subsistance.
- Manger sans Bismillah. Shaytan prend part au repas et la barakah de la nourriture diminue. (Muslim)
Comment attirer la barakah
Il n'y a pas de formule magique. Mais il y a des voies que les savants ont identifiées à partir du Coran et de la Sunna.
- La taqwa. C'est le fondement. Allah a promis d'ouvrir les bénédictions du ciel et de la terre à ceux qui croient et sont pieux.
- Le Bismillah avant chaque acte. Invoquer le nom d'Allah sur une action, c'est y convier Sa bénédiction.
- La gratitude sincère. Pas comme formule. Comme état intérieur.
- La Sadaqa. « O fils d'Adam, dépense, et Je dépenserai pour toi. » (Bukhari). La charité ne diminue pas. Elle attire l'abondance.
- La Salat 'alan-Nabi. Les invocations sur le Prophète sont elles-mêmes une source de barakah.
- Se lever tôt et accomplir le Fajr. Pas comme discipline de productivité. Comme acte d'obéissance auquel Allah a attaché Sa bénédiction.
La barakah n'est pas un hasard
On entend parfois des gens dire : « Lui, il a de la chance. » En islam, la chance n'existe pas. Il y a des causes et des effets. Et il y a la barakah d'Allah, qui dépasse les causes et les effets.
Celui qui a de la barakah dans son temps, dans son argent, dans ses relations, c'est rarement un hasard. C'est le résultat visible d'une vie intérieure orientée vers Allah.
Et la bonne nouvelle, c'est que les portes de la barakah sont ouvertes à tous. Pas aux plus intelligents, pas aux plus riches, pas aux plus influents. Aux plus sincères.
Qu'Allah mette de la barakah dans nos vies, notre temps, nos familles et nos biens. Et qu'Il nous rende dignes de Sa bénédiction. Amine.
Sources :
- Coran, Sourate Al-A'raf (7:96) ; Sourate Ibrahim (14:7)
- Al-Qurtubi, Tafsir, tome 4 p. 139
- Ar-Raghib Al-Asfahani, Mufradat, B-R-K
- Sahih Al-Bukhari, n°781 (repas en commun) ; n°3642 ('Urwa Al-Bariq'i)
- Bukhari et Muslim (liens de parenté, Bismillah, tromperie)
- At-Tirmidhi (barakah des premières heures)